Le diable s'habille en Prada
- Atypik

- 9 nov. 2019
- 6 min de lecture

Je présume que beaucoup s'interrogent, à juste titre d'ailleurs, sur le contenu de l'article d'aujourd'hui, vu le côté quelque peu emblématique du titre...Eh bien détrompez-vous, ça n'a rien à voir avec le film mythique que vous connaissez tous et que je n'ai d'ailleurs jamais vu en passant (je suis fan des films où il y a effusion de sang mais dans la vraie vie la vue du sang m'effraie, je ne comprends toujours pas ce paradoxe...) M'enfin on parlait de la signification du titre n'est-ce pas ? Je n'en dirai pas plus. Vous vous ferez vous même votre propre idée en me lisant...Je suis un tantinet bizarre je sais, mais c'est avec beaucoup de fierté que j'assume et revendique cette facette de ma personnalité, cette singularité que je chéris désormais, car c'est bel et bien ce qui me reste, ou ce qui nous reste, dans un monde où le diktat pour l'uniformité bat allègrement son plein.
Aujourd'hui, j'ai voulu aborder le sujet de la toxicité relationnelle sous un angle peu familier, car je présume que tout le monde (du moins les adultes vaccinés qui lisent cet article) savent ce que c'est qu'une relation toxique, pour ceux qui n'en savent pas grand chose Google c'est votre ami...:-) Il y a une facette des relations toxiques que j'estime encore inexplorée ou sous-estimée. Etant donné qu'Internet foisonne d'articles sur le sujet, d'aucuns considèrent qu'ils en savent assez à propos, oubliant qu'il existe une somme intarissable d'expériences personnelles subtiles issues du vécu de beaucoup. Loin de moi l'idée de vous édifier sur quoi que ce soit, vous savez tout mieux que moi, rien de nouveau sous les tropiques. Je parle juste de conception des choses qui relève de ma petite expérience personnelle.
Quelle est donc cette face cachée des relations toxiques ? Elle (cette face cachée) est d'autant plus pernicieuse car insoupçonnée et difficile à déceler. Personnellement, il a fallu que j'entreprenne ce voyage constant dans la connaissance de moi-même d'une manière plus approfondie et méticuleuse pour arriver à déceler, non sans efforts, les schémas relationnels toxiques d'apparence saine que j'avais nourris jusqu'ici.

Lorsqu'on parle de relations toxiques, certains imaginent très certainement qu'il s'agit de violences, violences physiques ou psychologiques. Ils n'ont pas tort, c'est cela mais bien plus encore...En réalité, la toxicité dont je parle n'a rien d'oppressant au contraire, elle est même douce et avenante, tendre et pavée de bonnes intentions même si cela n'enlève rien à sa capacité de nuisance.
Elle se cache sous des airs de profonde affection, de dévotion, d'amour, de jalousie "raisonnable", voire d'admiration. Qu'il s'agisse de relations familiales, parentales, amoureuses, professionnelles, les personnes "pas bien pour nous", j'ai une préférence pour cette expression car que je trouve l'expression « personne toxique » quelque peu dénigrante et radicale, en ceci qu'elle traduit une conception assez binaire d'autrui, qu'on juge bon ou mauvais comme si on était Dieu.
Personnellement, comprendre la mosaïque humaine est bien plus complexe qu'on ne le croit. D'ailleurs, la plupart du temps, ces personnes « toxiques » ne sont ni plus ni moins que des personnes qui nous aiment vraiment...mais mal. Je disais tantôt que les personnes pas bien pour nous ne sont pas toujours mauvaises ou conscientes de leur nocivité à notre égard. Parfois c'est le parent trop envahissant et inquisiteur qui vous dicte votre conduite jusqu'à l'âge adulte, croyant bien faire. Et bien évidemment vous le laissez faire à sa guise car il veut votre « bien ». Celui qui veut littéralement vivre votre vie à votre place en choisissant votre carrière, votre conjoint.e car il veut ce qu'il y'a de « mieux » pour vous. Le patron tantôt avenant tantôt irascible qui vous a mis sur un piédestal et projette sur vous ses attentes démesurées de rendements et de perfection, au mépris de votre épanouissement personnel, en oubliant que vous n'êtes rien d'autre qu'une personne ordinaire et faillible. Le/la conjoint.e fou/folle amoureux(se) de vous qui ajuste compulsivement votre garde-robe en fonction de ses goûts à lui/elle, qui vous demande de maigrir ou de grossir selon ses envies, vous dicte vos fréquentations, vos goûts culinaires, se montre possessive car il/elle vous « aime » éperdument, qui choisit à votre place, installe un GPS dans votre voiture pour vous surveiller, demande à ses ami(es)/sa famille de vous surveiller en son absence, fouille votre téléphone et exige de connaître votre mot de passe car en amour on ne fait « qu'un » et on devrait tout partager. Ce partenaire qui vous piste et vous demande des comptes sur tout, passant des élans d'amour les plus surréalistes aux accès de colère les plus mémorables par « amour » pour vous. Des exemples comme ça sont légion.

Vous remarquerez que chacune de ces personnes à sa manière vous aime, vous témoigne de l'amour et c'est indéniable, mais le fait est que leurs agissements ont pour seul et unique but de restreindre votre liberté à leur profit et c'est cela qui rend pernicieux leur amour, c'est cela la toxicité dans leur démarche. Vous ne vous appartenez plus, vous leur appartenez car vous vivez pour leur approbation et leur amour recèle des velléités de contrôle, qui ne sont que la résultante de leurs insécurités bien enfouies, et qu'elles n’hésiteront pas à projeter sur vous aussi longtemps que vous le tolérerez.
Comme le dit un adage « le chemin de l'enfer est pavé de bonnes intentions ». Les pires relations foncièrement toxiques ou saines devenues toxiques, ont toujours été pourvues de bonnes intentions, d'où leur capacité de nuisance et la profondeur des blessures qu'elles créent chez autrui à son insu. Surtout si ce dernier est convaincu de leur bien fondé. Alors, il s'en suit une avalanche de justifications de ses dérives, parce que les motivations qui les sous-tendent sont saines.
« X/Y avait raison de me traiter comme une m@rde, de me crier dessus, de me frapper parce qu'il/elle voulait mon bien ». « J’ai mal agi, je l'ai mis(e) en colère c'est pourquoi il/elle réagit ainsi », « je suis ingrat(e), c'est ma faute », « Je lui dois tout ». On finit par se rendre responsable des réactions des autres, ce qui techniquement, est dénué de sens, vu que chacun est libre de choisir ses réactions face à une situation donnée. Les autres ne sont donc pas responsables des réactions que nous choisissons d'avoir face à leurs agissements. Le parent trop inquisiteur, l'ami trop envahissant, le patron trop exigeant, le conjoint TROP contrôlant...tous ont en commun de vouloir vous façonner selon leurs attentes, leurs exigences, à leur profit. Il est très difficile de déceler le caractère pernicieux de quelque chose lorsqu'il est recouvert d'un voile d'amour, d'estime et d'affection. Notre besoin d'approbation constant vis-à-vis de ces personnes « bon employé, bon enfant, bon mari » couplé à leurs exigences sans cesse grandissantes vis-à-vis de nous créent un mélange explosif qui donne lieu à des dérapages préjudiciables tant pour nous que pour eux. Il est donc crucial d'en prendre conscience et d'y remédier.
Comment y remédier ?
J'aurais dit s'aimer, mais s'aimer ne suffit pas ou plus. Ironiquement, les personnes qui tombent dans ce genre de schémas toxiques ne sont pas toujours des personnes qui ont des problèmes d'estime personnelle bien au contraire. Parfois ce sont juste des personnes trop altruistes et désireuses de faire plaisir aux autres si bien qu'elles ont constamment besoin d'une approbation externe pour valider l'utilité de leur existence. Il convient donc de fixer des limites claires pour soi et son entourage, se montrer assertif dans la communication de ces limites et appliquer les sanctions fermes qui résultent de la transgression de ces limites. Certainement est-il laborieux de prendre conscience qu'une relation saine devenue dysfonctionnelle est toxique lorsqu’on n’a pas appris à fixer des limites. Après tout, comment concevoir que les personnes qui nous veulent du bien peuvent s'avérer toxiques par leur trop plein d’amour ? Pourtant cela peut être fréquent si l'on ne cultive pas une certaine autonomie dans tous les plans de sa vie. S'attribuer une autonomie dans la pensée, les agissements, les choix et fixer des limites pour faire respecter cette autonomie coûte que coûte, afin de ne pas développer et nourrir des schémas de toxicité qui découlent d'une codépendance excessive. C'est une lutte de tous les instants difficiles à mener, surtout lorsqu'on traîne avec soi le fardeau des blessures émotionnelles non pansées sur lesquelles on peine à se pencher. Toutefois, il est indispensable de mener à bien cette lutte si l'on souhaite s'épanouir et développer des relations plus saines et équilibrées avec autrui.
Alors sur une échelle de 1 à 10 comment évalues-tu ton rapport aux autres ? Toxique un peu ? Beaucoup ? Passionnément ? A la folie ? Lol. Je rappelle que la toxicité n'est pas à sens unique, on peut présenter des tendances toxiques pour les autres aussi, c'est pourquoi il convient de mieux se connaître pour déceler ses tendances toxiques et y remédier...J'espère que tu as trouvé mon article intéressant. N’hésite pas à laisser un commentaire afin de partager ton expérience personnelle avec moi. Merci bien...;-)

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